PRESSE- Presse togolaise

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Togo Pour la Presse togolaise, TOUT EST ACCOMPLI !

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Une partie de la presse togolaise, quelques dizaines de journalistes ont reçu des cadeaux du chef de l’Etat à l’orée de la nouvelle année.

Quelques dizaines de grammes de billets de banque, à eux remis main à main par Pitang Tchalla, Président de la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication).

Après l’indignation collective suscitée par une telle information dans l’opinion nationale, les malaises dans les chancelleries et le tollé dans la presse, je me suis permis à la suite du communiqué publié par l’organisation de Patronat de la Presse que je préside, de mener quelques réflexions.

Elles sont intimement liées à mon expérience perfectible de journaliste, à mon parcours sans aucun doute truculent de patron de presse et aux divers reliquats de mon engagement en tant que militant de droit de l’homme ; mais aussi à mes sensibilités d’être humain tout court.

D’abord et cela devrait être clair pour tous, le choix ou non, pour un journaliste d’accepter des cadeaux venant d’une autorité politique, fut-il le Président de la République est avant tout personnel.

Si la déontologie de notre métier recommande de s’y opposer, elle n’impose aucune règle stricte.

Chaque journaliste, devant sa conscience et en fonction des enjeux auquel il lie sa carrière, décide en toute liberté.

Ensuite, un chef d’État, peut décider de distribuer de l’argent à des journalistes, choisis au volet de ses humeurs.

C’est son argent, encore que dans le cas d’espèce et sachant que le régime de Faure Gnassingbé a érigé la corruption et les malversations en règles d’art de gouvernance, cet argent est probablement le nôtre.

Mais je suppose que c’est le sien.

Mais comment peut-on espérer, si ce n’est le comble de la sournoiserie et de la malhonnêteté, qu’après avoir encaissé ses joyeuses et généreuses enveloppes, les journalistes puissent continuer à faire leur travail comme si de rien n’était, alors que son système a contribué à précariser grand nombre d’entre eux et à les rendre, tout comme la majorité des Togolais, dépendant d’une certaine aumône ?

Il n’est pas possible pour un être humain tout comme un journaliste d’accepter des privilèges et autres cadeaux sans que cela n’impacte la qualité de son travail et l’objectivité à laquelle il devrait être assujetti.

L’acte en lui-même est donc répréhensible, quoiqu’il arrive et rien ne permet de le justifier.
Imaginez-vous un seul instant, que du faîte de l’illusion de sa générosité débonnaire, le président Français (François Hollande) ou Américain (Barack Obama) fasse une liste de journalistes qu’il gratifie de quelques euros égarés ou dollars perdus… Si cela ne provoque pas un Médiagate, il engendrerait au moins un scandale tel qu’aucune opinion ne peut contenir sans s’en indigner.

Enfin et je le crois au plus profond de moi, un journaliste qui, après plusieurs années ou décennies de carrière, n’a de mérite que d’être sur une liste d’un chef d’État pour recevoir un cadeau aurait escamoté tout au moins sa carrière.

Les meilleurs journalistes d’aucun pays du monde ne sont pour autant dans les bonnes grâces d’un pouvoir, et pour le cas d’espèce despotique.

Dans la situation actuelle de chienlit généralisée où, au gré de l’oppression et de la brimade, une minorité comme l’évoque Faure Gnassingbé lui-même, s’empare des richesses de l’État, le journaliste doit être à l’avant-garde de la dénonciation.

Dans ce cas, comment, en plongeant sa plume dans la souffrance du peuple pour exprimer leur désarroi, il puisse être chéri par le pouvoir qui est responsable de la dégradation sociale qui s’empare de notre pays ?

J’en déduis, avec peu de risque de me tromper que les bons ou meilleurs journalistes ne figurent pas et ne peuvent pas figurer sur cette liste, celle d’une présidence togolaise.

J’ai été choqué d’entendre certaines complaisances dire que ceux qui sont en colère le sont pour n’avoir pas été sur la fameuse liste.

Une telle conclusion est une aberration qu’aucun esprit averti ne saurait accepter.

La colère collective, la mienne et celle de chacun des journalistes qui s’est offusqué de cette pratique n’est nourri que par le souci de l’équité qui profite, en toute transparence, à tous.

Cet argent aurait pu être versé dans une caisse et partagé en subvention occasionnelle à toutes les rédactions que pour une fois, Faure Gnassingbé ferait œuvre dignement utile.

Carlos KETOHOU (independantexpress.net)






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