Togo Gerry Taama ou les dangereuses allégations de l´avocat du régime Gnassingbé

iciLome


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Les personnes les plus dangereuses sont celles qui disent faire partie du cercle de vos amis, mais qui, subtilement, par des propos ou des actions qui vous nuisent, passent pour être de dangereux ennemis.

Depuis l´apparition du Sieur Gerry Taama sur le paysage politique togolais, les hommes et femmes politiques, les citoyens de notre pays se sont peu à peu habitués aux déclarations contradictoires empreintes d´ambiguïté de celui qui apparaît aujourd´hui comme le faux opposant le plus célèbre.
Formé à Saint-Cyr, nous ne dénions pas à Gerry Taama la grande intelligence qui est la sienne. Et tout un chacun de nous est libre d´utiliser ses facultés mentales pour servir la cause qu´il estime être la bonne à un moment donné de sa vie. Et le natif de Siou est dans son rôle quand il prend fait et cause pour le régime décrié des Gnassingbé. Et nous sommes aussi dans le nôtre quand nous estimons que son comportement mérite d´être critiqué.
Parlant du PNP de Tikpi Atchadam, et de l´acharnement du pouvoir à le faire passer pour un chef djihadiste, mon ami Gerry Taama a brillamment démontré que cette formation politique, à travers les discours de son leader, vu le comportement de ses militants ou sympathisants, n´a pas les caractéristiques d´un parti djihadiste. Cette première petite partie du discours peut être versée au dossier des défenseurs du parti du cheval.
Mais très vite Gerry Taama change de ton en proférant des contre-vérités, des contradictions et surtout en banalisant des faits très graves pour le PNP et pour le Togo tout entier.
C´est ce qui nous a incité à écrire ces quelques lignes pour dénoncer ce qui le mérite.

Extraits du texte de Gerry Taama:

"S'il y'a par contre une attitude qu'on peut regretter, c'est l'absence de condamnations. Je me souviens que déjà le 19 août, à la vue de 5 militaires désarmés et malmenés par les populations de Sokodé, j'avais envoyé l'image à Tikpi en lui demandant de se désolidariser de ça. Sans réaction. La force publique reste sacrée. Et il est resté silencieux après les meurtres des deux militaires, donnant l'impression de cautionner ce genre d'actes."

Je voudrais rappeler à Monsieur Gerry Taama que Tikpi Atchadam avait pu démontrer que la scène du jeune bardé de chapelets, brandissant une arme de guerre, avait eu lieu dans un stade, alors que les manifestations du 19 août 2017 à Sokodé, n´avaient ni dérmarré, ni chuté dans un stade. Grâce à la vigilance et à l´intelligence du leader du PNP ce montage du pouvoir avait pu être démasqué. Lors de la même manifestation on nous avait présenté des militaires entourés de civils comme des soldats togolais arrêtés par des manifestants. C´était encore un montage maladroit qui ne collait pas avec les images des manifestations.

Aucune enquête impartiale n´était venue comfirmer ou infirmer que les images de militaires malmenés par la foule venaient réellement des manifestations du 19 août 2017 à Sokodé. Je ne vois pas pourquoi M. Tikpi Atchadam devrait s´excuser ou se désolidariser d´actions qui pourraient s´avérer plus tard comme émanant de montages.
Concernant le supposé meurtre des deux militaires chez Ouro-Koura Agadazi, c´est vous seul, M. Taama, qui êtes aussi si sûr, sans les résultats d´une enquête, qu´il y ait eu meurtre de militaires. Jusqu´à preuve du contraire nous attendons de savoir comment et où sont morts les deux militaires. Et ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas tristes quand il y a eu mort d´hommes, et c´est plus respectueux vis-à-vis des familles éplorées de savoir la vérité que d´en faire une affaire politique parce ce qu´on veut abattre un opposant qui dérange.

"...On oublie malheureusement de préciser que cet acte barbare n'est que la résultante de l'arrestation incongrue d'un imam célèbre dans une ville en ébullition après les événements du 19 août. Et que l'effet de foule subséquent, sans être justifiable de l'horreur des meurtres, peut être difficilement imputable à un parti politique, sauf preuves tangibles à l'appui."

Et supposons que les deux militaires aient été vraiment tués par la foule au domicile du Ministre Agadazi, vous vous contredisez, puisque vous reconnaissez que ça se serait passé sous l´effet de la foule et qu´on ne pourrait pas imputer un tel acte à un parti politique sans preuve tangible. Quelles preuves avez-vous alors que ce sont des militants du PNP qui auraient commis le crime pour que Me Tikpi Atchadam soit dans l´obligation de s´excuser ou de condamner? À plusieurs reprises des voix autorisées, à travers des articles, avaient exprimé leur tristesse et présenté leurs condoléances aux familles des victimes comme elles l´auraient fait à toue occasion de pertes de vies humaines n´importe où sur toute l´étendue de notre territoire.

"La vérité est que tout ceci est de la simple communication politique. Si le PNP n'est pas un parti djihadiste, le Togo n'est pas une dictature et Faure Gnassingbé n'est pas non plus un dictateur sanguinaire. Une sorte de réponse du berger à la bergère. Tu me traites de dictateur, je te traite de djihadiste."

Mais c´est très grave M. Gerry Taama. Des accusations aussi graves qui ont même fait le choux gras du fameux mémorandum que le régime Gnassingbé à envoyé au gouvernement américain, des ministres du gouvernement qui multiplient des montages, des mensonges pour diaboliser celui par qui la contestation actuelle contre le pouvoir est arrivée, le siège du PNP est même incendié par des mains armées par le pouvoir, des rondes incessantes des individus aux allures de tueurs autour du domicile de Tipki Atchadam qui est contraint à la clandestinité pour sauver sa peau. Tout ça n´est que communication politique pour vous?

L´opposition ne se résume pas aujourd´hui au PNP de Tikpi Atchadam. Après le 19 août 2017 sa main tendue à Jean-Pierre Fabre avait accouché d´une coalition de 14 partis politiques qui a réussi à créer un rapport de forces qui inquiète le régime de dictature que vous supportez. Renvoyer dos à dos un pouvoir qui a tous les moyens d´état pour manipuler, mentir, corrompre, même sur le plan international afin qu´un opposant gênant soit éliminé politiquement et physiquement, et un homme politique qui n´a que sa bouche pour appeler à la non-violence, est tout simplement malhonnête.

"Ce qui s'est passé en 2005 était horrible, mais il faut le mettre à l'actif d'une transition où la chaîne de commandement était complètement rompue."

Gerry Taama, c´est votre droit de supporter Faure Gnassingbé malgré les crimes qu´il traîne. Mais essayer aujourd´hui de justifier les crimes commis sur des centaines de Togolais avant que quelqu´un n´arrive au pouvoir en 2005 est très grave. Dire que la chaîne de commandement à l´époque était complètement rompue, revient à dédouaner les meneurs et les commanditaires de ces actes barbares de violation grave des droits humains. Et que dis-tu des expéditions punitives des bérets rouges à Mango, Bafilo et surtout Sokodé où beaucoup avaient dû sauver leur vie en se réfugiant en brousse? La chaîne de commandemant était là aussi rompue?

Un peu de sérieux quand même!

"...Dans un pays où on peut aller sur n'importe quel média ou manifestation politique pour proprement insulter le président de République et son gouvernement sans être inquiété, où le délit de presse est prohibé, la liberté d'association est une réalité, les libertés d'opinion, politiques et religieuses sont respectées, ce n'est pas une dictature. Ceux qui ont vécu au Togo dans les années 70 et 80 savent bien ce qu'on appelle dictature."

Monsieur Gerry Taama, vous avez peut-être raison, mais ce que vous oubliez est que la relative liberté de la presse ou d´expression ne nourrit pas un peuple. Il lui faut du pain, des soins médicaux, une bonne éducation pour que chaque citoyen soit à même de suivre et de participer à la vie politique de son pays. Un Chef d´état et son gouvernement n´ont pas le droit d´affamer leurs concitoyens en prenant toues les richesses du pays pour eux et leurs affidés seuls. C´est ce qui se passe au Togo surtout avec Faure Gnassingbé, et c´est ce que le peuple ne veut plus, car tous les togolais où qu´ils soient ont le droit de profiter des ressources de la terre qui les a vus naître sans ségrégation aucune.

Samari Tchadjobo

L'AUTEUR
Samari Tchadjobo
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