Togo Message de Mr RANDOLPH Antoine à la résistance toglaise et au peuple togolais

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MESSAGE URGENT A LA RESISTANCE TOGOLAISE ET AU PEUPLE TOGOLAIS

NE PERDONS PAS DE VUE L’OBJECTIF FONDAMENTAL DE NOTRE LUTTE :
METTRE FIN A LA DICTATURE CINQUANTENAIRE ET CONSTRUIRE LA DEMOCRATIE

Chers compatriotes,

Parmi les 5 revendications du mois d’août 2017 : Constitution 1992, 50 ans ça suffit, Démission de Faure Gnassingbé, Droit de vote de la diaspora et Libération des détenus politiques, il me semble que 50 ans ça suffit devrait être l’objectif fondamental, capital pour transformer la victoire de notre lutte de libération en apothéose car il s’agit avant tout de passer de la dictature à la démocratie.
Cette revendication devient alors une tâche historique qui incombe à tout civil et à tout militaire d’accomplir courageusement et avec abnégation dans l’intérêt général de la patrie.

Beaucoup d’entre nous se sont focalisés sur le départ immédiat de Faure Gnassingbé ou sur le retour à la constitution originelle de 1992 avec toutes ses conséquences ( le fameux « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats » !). Mais ni l’un ni l’autre ou les deux simultanément ne nous garantissent pas la fin de cette dictature et ne nous préservent pas d’une nouvelle dictature ou d’un nouveau coup d’Etat. Le passage de la dictature à la démocratie n’emprunte jamais le chemin du dialogue sauf si on veut ménager une porte de sortie honorable au dictateur aux abois et complètement ébranlé.

Il n’y a pas de raccourci à la lutte qui mène véritablement à la libération. Autrement dit, il n’y a qu’une seule voie : celle de la lutte menée courageusement jusqu’à son terme c’est-à-dire la désintégration totale du système dictatorial. La démocratie voit alors le jour ! C’est comme le développement et l’éclosion du poussin. Si le poussin n’arrive pas à briser la coquille qui l’emprisonne alors il mourra à l’intérieur de celle-ci. Son espoir de vivre se sera envolé. Pour éviter ce risque, notre lutte non-violente devra continuer jusqu’à l’éclosion de la démocratie. Celle-ci devra déjà être en développement dans notre comportement, dans les nouvelles structures sociales et économiques créées pour faciliter la vie des populations engagées dans la lutte et renforcer leur cohésion sociale et leur détermination sans faille. Ces structures remplaceront celles de l’ancien système et seront largement augmentées.

Tout en étant pour ces 5 revendications, je défendais surtout la démission de Faure Gnassingbé pour son immoralité et sa responsabilité dans la répression des manifestations jusqu’à ce que je lusse le livre de Gene Sharp ayant pour titre : De la dictature à la démocratie. Je compris soudain l’importance de se défaire complètement du système dictatorial pour mieux édifier la démocratie et je compris aussi pourquoi les victoires des luttes populaires étaient très souvent récupérées par l’ancien système et ses soutiens extérieurs, par exemple le printemps arabe

La désintégration du système dictatorial – 50 ans ça suffit – intègre en son sein l’accomplissement de toutes les autres revendications. La constitution 1992 n’est pas suffisante pour garantir la paix, la liberté et la justice. La preuve est que, avant qu’elle ne fût modifiée en décembre 2002, la dictature n’avait pas disparu sous Eyadéma ! Elle permettra certainement l’émergence d’une nouvelle équipe si le dialogue en vue aboutit au départ de Faure Gnassingbé. L’Etat de droit risque d’être théorique ; sa réalité dépendra de la force de l’ancien système sous la coupe de l’armée et de la mafia! Parce que « le problème togolais ce n’est pas que la mafia soit au pouvoir car la mafia est le pouvoir » C’est ce pouvoir qu’il faudra démanteler si nous voulons être réellement libres ! Faure n’est qu’une marionnette aux mains des vrais décideurs ! Cependant, nous ne devons pas sous-estimer sa forte capacité de nuisance et sa perversité.

Beaucoup de compatriotes semblent inconsciemment accepter la dictature mais rejettent le fait qu’elle soit exercée si longtemps par la même famille, les Gnassingbé !

Ces réflexions nous amènent rapidement à voir d’où viennent les sources de pouvoir de la dictature constituant le »problème togolais ». Elles sont de deux origines, l’une endogène ou interne et l’autre exogène ou externe :
1) Les sources endogènes sont schématiquement : les forces de répression (armée, gendarmerie, police, milice, corps judiciaire) ; RPT/UNIR ses alliés et ses satellites y compris certaines associations de la société civile, certains ordres pseudo-ésotériques et certains religieux. Beaucoup de personnalités venant de ces sources sont sans conteste liées à la mafia. Ce sont ces sources que nous devons combattre , conquérir ou séduire en vue de les assécher pour réduire l’espace de la dictature, tout en diminuant son efficacité et en neutralisant sa perversité.

2) Les sources exogènes sont avant tout la France ( puisque le Togo est devenu l’une de ses néo-colonies après le coup d’Etat de janvier 1963 ), l’Allemagne, Israël et d’autres pays, les institutions internationales régionales et mondiales et la mafia internationale. Notre pays est le point de convergence de toutes les mafias. Nous devons combattre leurs intérêts économiques surtout ceux des sociétés mafieuses et des sociétés commerciales qui soutiennent encore la dictature. Ce bloc de sources exogènes commence aussi à s’effriter face à la défiance politique déterminée de notre peuple. Le président du Nigéria, monsieur Muhammadu Buhari, vient de délivrer un message clair et ferme au régime dictatorial « Les crises politiques sont mauvaises pour le développement de la région et les transitions démocratiques sur le continent ne sont plus négociables. «
Les classes dirigeantes craignent les luttes populaires parce qu’elles savent que les peuples sont les détenteurs légitimes du pouvoir. C’est pourquoi la communauté internationale, pour préserver ses intérêts, nous pousse au dialogue et que le pouvoir dictatorial, surpris par les contestations populaires déclenchées en août dernier et impuissant de les enrayer, espère par le dialogue ralentir ou entraver la marche impétueuse du peuple vers sa liberté

Ce dialogue, dont le début est prévu pour le 15 février, est plus une peau de banane sur notre chemin pour nous faire déraper qu’une volonté réelle d’abandonner le pouvoir! Sur les questions essentielles comme le rétablissement de la liberté politique la concertation ne peut pas trouver une solution acceptable. Ce genre de dialogue se termine souvent par un accord de dupes dont le contenu est largement fixé par le rapport de pouvoir entre les parties en présence. Et la dictature ne peut pas garantir son application. Au Togo, nous en avons bien l’habitude. J’entends des voix qui disent : cette fois-ci, ça ne sera plus comme avant !

Selon moi, ce dialogue est précoce parce que le socle de la dictature n’est que partiellement ébranlé. Ce sera un dialogue de sourds qui va s’éterniser ou qui sera rompu par un coup de force. En tout cas, s’il aboutissait nous aurions la paix mais nous serions loin de la liberté et de la justice….

J’ai vécu dans les geôles du monstre et je connais ses entrailles! C’est pourquoi, je me permets de tirer le signal d’alarme. Je lance un appel solennel et urgent :

1) Au peuple à rester debout, mobilisé, vigilant et déterminé ! Le peuple doit poursuivre cette lutte non-violente, cette résistance civile démocratique quels que soient la durée et le résultat du dialogue et après celui-ci en utilisant la défiance politique sous différentes formes, différentes méthodes. La règle d’or à observer à l’égard de la dictature est : la désobéissance civile, la non coopération et l’insoumission parce que Faure Gnassingbé et son gouvernement sont illégitimes. Le peuple est souverain et la société civile « devra s’investir du pouvoir de la conscience collective et de la capacité de s’exprimer sans entraves. »

2) A la coalition des 14 partis politiques, la coalition de la société civile et la diaspora à une meilleure organisation de la lutte afin que celle-ci avance comme un rouleau compresseur pour asphyxier complètement la dictature et provoquer sa désintégration. Nous devons compter sur nos propres forces car la liberté ne vient jamais de l’extérieur et ne se donne pas non plus, elle s’arrache ! nous devons prouver au monde que nous sommes capables de nous libérer nous- mêmes. Pour ce faire, à l’étape actuelle de notre lutte et après 7 mois de défiance politique :

a) Il nous paraît indispensable de nous doter d’une structure centralisée à son sommet qui intègrerait les forces combattantes de l’intérieur et de l’extérieur. Comme je l’ai déjà dit à Fribourg, cette structure aurait un bureau exécutif provisoire qui aurait la responsabilité d’organiser et de diriger la lutte jusqu’à la victoire. Ce bureau exécutif élaborerait la stratégie globale et les différentes méthodes de lutte et ferait office de Gouvernement Provisoire de Transition ; une commission d’experts rédigerait le programme de transition et les différentes réformes à mettre en œuvre. La Résistance structurée aurait alors un visage et marquerait sa volonté de gouverner !!!

b) La dictature est en panne de légitimité étant donné qu’elle est entièrement rejetée par le peuple. D’ailleurs Faure Gnassingbé n’a jamais été réellement élu. L’opposition parlementaire, très minoritaire et non respectée, ne devrait plus servir à accorder une quelconque légitimité à ce régime. Pour avancer dans notre lutte elle doit démissionner collectivement et absolument le plus tôt possible !

c) La lutte non violente a aussi des exigences, des critères et des règles. La non-coopération et la non légitimité sont des exigences puissantes pour abattre une dictature. Le boycott actif de toutes les consultations électorales prévues en avril prochain y compris le référendum s’impose à tous les partis politiques de l’opposition et au peuple ! Selon Gene Sharp, « les élections ne sont pas un instrument efficace de changement politique. Les dictateurs ne vont pas se permettre d’organiser des élections qui pourraient les chasser de leur trône ! » Nous avons accumulé des expériences amères dans ce domaine et la cour constitutionnelle est inféodée à la dictature ; son président Aboudou Assouma a publiquement défilé aux côtés du gouvernement, des députés et militant RPT/UNIR le 29 août 2017

Chers compatriotes ! Finalement, la libération des dictatures dépend de la capacité des peuples à se libérer eux-mêmes. Forgeons-nous d’abord solidement un mental de résistants car « résister , c’est le début de la victoire » a déclaré Adolf Perez Ezquivel. Face à une population défiante, mobilisée et déterminée les dictatures connues comme solidement ancrées et apparemment invincibles se sont écroulées comme un château de cartes. Donc, en nous organisant mieux, en privilégiant l’intérêt général aux détriments de nos intérêts personnels et des intérêts de partis politiques, en tarissant nos différentes sources de faiblesse, je vous dis que la victoire est à portée de main ! Le chant des patriotes « Togo la joie approche « est une arme psychologique puissante qui renforcera puissamment notre moral et notre solidarité car elle est en relation avec notre âme collective et nous connectera directement avec la mère patrie et nos aïeux. Chantons le à l’unisson de Cinkassé à Sanvee Kondji et dans la diaspora ,l’énergie que nous libérerons sera irrésistible !
Je prie ceux qui ont ce chant en vidéo sur WhatsApp de faire circuler largement cette vidéo. Merci d’avance!

Chers compatriotes ! Soyons confiants en nous-mêmes, confiants dans notre avenir radieux, confiants dans la reconstruction de notre pays pour en faire « l ’Or de l’humanité » et confiants dans notre mission de participer à la construction de l’Unité Africaine et à celle de la « Grande et Nouvelle Humanité ». La joie approche !
Gloire aux soldats et civils patriotes !
Gloire à nos martyrs !
Vive le Togo libre !

ABLODE ! FEZIRE ! FEZIYE ABLODE GBADZA


Colmar, le 11 février 2018

Votre frère Ati ( mon nom de Résistant)


L'AUTEUR
RANDOLPH Antoine
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