Togo Argument de fondamentalisme religieux : Faure a-t-il servi Biya ?

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De Lomé à Douala, l’argument de l’extrémisme religieux pour diaboliser l’opposition est la nouvelle trouvaille des dictateurs mus par les velléités de mourir au pouvoir.

Au Cameroun, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, « ça vole en éclat de partout ». Des velléités sécessionnistes s’emparent des régions, la colère se déchaine, les mouvements de contestation se déclenchent, le système de santé est alarmant, la corruption est en vogue, les caisses de l’Etat sont fortement tenues par la petite oligarchique qui en dispose comme elle veut. C’est tout le pays qui se dégrade et échappe à tout contrôle.

Visiblement, le président et son gouvernement ont du mal à maîtriser la situation. Depuis 58 ans, le pays n’a jamais connu d’alternance politique. Malgré son âge très avancé, le vieux grabataire Paul Biya au pouvoir sort du bois et se met en route pour briguer un nouveau mandat à la tête du pays lors du scrutin présidentiel d’octobre prochain. Alors que dans le pays plusieurs régions sont en proie à des mouvements sécessionnistes.

La partie anglophone, oubliée par la gouvernance de Paul Biya, se révolte. Mais le pouvoir refuse de prendre en compte ses revendications. Les contestations se soldent par des tueries : civils comme militaires. Mais des arrestations aussi, côtés population. Le pays brûle; mais au niveau du pouvoir, on tente de minimiser la situation et de servir l’argument d’extrémisme fondamentaliste. « Qu’il y ait eu de temps en temps quelques scènes relativement dysfonctionnelles dans certaines régions, cela est dû à un extrémisme fondamentaliste dans la partie septentrionale, un fondamentalisme musulman qui est d’ailleurs combattu à travers le monde entier », a déclaré sur RFI, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques FameNdongo, Secrétaire à la Communication du RDPC, le parti au pouvoir.

Au Togo, le régime de Faure Gnassingbé à l’épreuve de de la forte contestation s’est déjà servi du même argument pour tenter de sauver la face auprès de la communauté internationale et déstabiliser l’opposition. Sa principale cible, TikpiAtchadam, le leader du PNP (Parti national panafricain), vedette du déclenchement de la mobilisation historique qui a commencé le 19 août 2017. Ici et ailleurs, le pouvoir a entamé une campagne d’intoxication et de diabolisation de cet opposant qui, pour la première fois, a réussi à dresser tout le pays contre le régime cinquantenaire et à lui faire perdre la partie septentrionale. Partout la rue gronde de colère. Même dans les hameaux les plus reculés où on ne manifeste pas, on réclame le retour à la Constitution de 1992 et le départ immédiat de Faure Gnassingbé. Il est qualifié par le pouvoir de jihadiste, d’extrémiste religieux, de fondamentaliste musulman.

Dans une interview accordée au confrère Jeune Afrique, Faure Gnassingbé a réaffirmé les mêmes accusations à la suite de ses pions. Même le gouvernement a envoyé un rapport en ce sens à la Maison blanche. Aujourd’hui, TikpiAtchadam craignant pour sa vie, est dans le maquis.

Et c’est une méthode qui risque de faire tâche d’huile sur le continent et d’inspirer les dictateurs qui pourraient se servir de l’extrémisme, du fondamentalisme religieux comme argument pour noyer les mouvements contestataires. Mais ce serait sans compter avec la détermination des peuples en lutte pour leur libération de l’oppression.







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