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Togo

L'opposition togolaise à la croisée des chemins: Illusion des locales ou révolution?

iciLome

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Nous ne le dirons jamais assez: une révolution populaire pour chasser Faure Gnassingbé du pouvoir est toujours possible. Nous tenons notre affirmation du fait qu'aucune dictature, soit elle militaire, tribale, clanique ou familiale, ne peut résister face à aucun peuple en colère et debout. La formation de la coalition des 14 partis de l'opposition qui avait suivi le soulèvement du 19 Août 2017 offrait une chance en or aux Togolais de s'organiser autour de leurs leaders pour venir à bout de ce régime par la rue. Et les débuts furent promettants jusqu'à ce que les vieux démons qui ont pour noms: hypocrisie, recherche de l'intèrêt personnel, repli exagéré de chacun sur son parti, viennent comme toujours plomber l'efficacité du regroupemet et faire éclater la C14.

«...Malheureusement toutes les forces dites démocratiques n’ont pas les mêmes motivations. Et voilà pourquoi notre pays peine à se libérer. Sinon comment comprendre ce raccourci que veulent emprunter aujourd’hui certains politiciens ? A une certaine période des contestations toutes les conditions étaient réunies pour arracher notre liberté, à l’exemple de ce jour immémorial quand la C14 lança une de ses manifestations et à la surprise générale seules les villes de Tchamba, Mango , Anie , Kpalime, Bafilo et Sokode étaient debout pour répondre à l’appel et aux vœux de stratégie de maillage des villes de TIKPi. Les autres partis n’ont pas daigné à l’époque contribuer à cette dynamique et leurs fiefs comme Lomé, Atakpame , Vogan , Tabligo , Tsevie , Aneho.. sont restés passifs laissant leurs autres frères et sœurs à la merci de la répression barbare. Même les villes assiégées avaient défié la dictature pour répondre à cet appel ultime...»

Voilà un extrait du journal "L'Alternative" qui met le doigt sur les incohérences et surtout les bizarreries qui ont cours au sein de l'opposition togolaise. D'une part on crie sur tous les toits qu'on a marre de la gestion catastrophique du pays par le régime Gnassingbé, d'autre part on se mélange les pédales, ou on est en désaccord sur la meilleure stratégie, toutes les fois que les conditions d'une victoire du peuple semblent être réunies. Le comportement de l'attaquant qui, après avoir réussi à dribbler toute la défense adverse, se trouve nez à nez avec le gardien, mais décide de ramener la balle au centre du terrain.
Quand à l'époque nous relayions les appels des responsables du PNP sur la nécessité de réveiller les contrées de notre pays qui dorment encore, afin que toutes les populations du Togo fussent à même de se soulever le moment venu pour asphyxier le dictateur, on nous avait traîté de tous les noms: communautariste, tribaliste, régionaliste et que sais-je encore. Non seulement ils n'avaient pas été capables de mobiliser, mais voilà plusieurs mois que la C14 appartient à l'histoire; aucun mouvement mobilisateur digne de ce nom, à se mettre sous la dent, venant de la part de ceux-là qui ne manquent pas l'occasion de se vanter d'être opposants depuis très longtemps, comme si être opposant était une fin en soi.
Pire, on nous brandit aujourd'hui le recensement et les locales comme une nouvelle trouvaille de l'opposition pour mettre une fois pour toutes le régime Gnassingbé hors d'état de nuire. Que le pouvoir de Lomé soit de mauvaise foi et n'aie pas la bonne volonté politique pour faire de sérieuses réformes n'est plus un secret pour personne, et c'est pourquoi le comportement de l'opposition participationniste est d'autant plus surprenant.
Non, on n'a pas le droit de marcher sur ses principes pour participer à des élections qui n'avancent en rien la lutte, mais font le jeu du pouvoir. On n'a pas le droit de toujours commettre les mêmes erreurs pour les mêmes résultats. À force de continuer à avoir le même comportement démobilisateur malgré l'évidence, on finit par être suspect et les mauvaises langues ont vite fait de vous accuser de rouler pour le régime que vous prétendez combattre. C'est pourquoi il est plus sage de rester cohérent avec soi-même. C'est pourquoi il faut éviter de dénoncer une chose aujourd'hui et la trouver acceptable le lendemain. Monsieur Jean-Pierre Fabre dénonce le processus électoral, exige sa remise à plat avant toute participation aux locales et plus tard aux présidentielles; quelques jours après, au meeting de Tsévié, sans que ses revendications soient satisfaites, il annonce que sa formation politique ANC participera au scrutin municipal du 20 Juin prochain.
L'activisme politique qui surprend le plus ces dernières semaines est celui de Mgr Fanoko Kpodzro. Certes, son engagement pour dénoncer la violation des droits de l'homme, pour faire pression sur le régime incarné par Faure Gnassingbé afin qu' il fasse les réformes est louable. Mais quand ses sorties deviennent théâtrales, quand le vieux prélat va sensibiliser les femmes du marché à la criée pour qu'elles aillent se faire recenser pour participer aux élections locales, comme si c'était un scrutin qui nous amenerait l'alternance, nous sommes en droit de nous poser des questions. On aurait applaudi si Mgr Fanoko Kpodzro avait sillonné les principaux quartiers de Lomé et certaines villes dormantes pour sensibiliser les populations pour sortir maissivement dans le cadre des marches de la C14.
Les élections locales sont-elles vraiment plus importantes que s'organiser pour empêcher Faure Gnassinbgé d'être candidat en 2020, ou le forcer à faire des réformes qui ouvriraient la voie à des élections vraiment libres? Nous estimons que les partis politiques et les leaders de la société civile qui ont fait le choix d'aller se faire recenser pour les locales, fuient le vrai combat et font gagner du temps à l'adversaire politique d'en face. Après l'échec de la coalition de l'opposition, la C14, tout n'est pas perdu. L'opposition, ou ce qu'il en reste, devrait rapidement trouver la meilleure stratégie pour préparer le peuple au combat de 2020. Le refus du régime d'enregister des togolais supposés de l'opposition au cours des trois jours de recensement, fait partie de sa stratégie du double langage, de mauvaise foi et de volonté de fermer le jeu politique aux adversaires sérieux. Les leaders des formations politiques et les leaders de la société civile participacionnistes ont-ils encore besoin d'y aller avant de le savoir?

Samari Tchadjobo

L'AUTEUR
Samari Tchadjobo
Allemagne




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 6   Kinaou
Samedi, 8 Juin 2019
  POUAAAHHH, de dégeulasse, en dégeulasse,...Là vous commencer à toucher le fond, à force de vouloir remuer de la merde dans le microcosme déjà bien embué de l'opposition. Vos écrits sont devenus trop radicalement partisans, et finissent par puer une tentative de manipulation politique! En cela j'"adhère totalement (pour une fois ), à la réaction du sieur FOLIKPO et du poste N°1: de véritables remontées de bretelles pour vous; mais auriez-vous l'humilité , voir l'intelligence d'y prendre quelque lumière et vous ressaisir.?

Dire que subtilement, ou grossièrement, vous distillez dans vos sorties, l'idée de porter la parole de ce nouveau parti PNP, voire d'être un "proche- proche" de son président Tikpi ATCHADAM.: un homme au discours simple, peut-être direct & incisif ; mais toujours rassembleur. Comment peut-il, (s'il lit vos "chefs d'œuvre ici"), se reconnaître dans ces logorrhées partisanes voire à relent ethnico-tribaliste.?
Comme l'insinuait un commentaire plus bas , il y a lieu de se poser la question en effet, "pour qui roulez-vous" au juste? Que cherchez -vous en réalité à l'opposition, avec ces sorties dénuées de toute sagesse, de tout tact politique, à l'heure où des bonne volontés sans vouloir refaire nécessairement la C14, essayent de colmater les brèches, et de ramener les uns et les autres à une convergence de lutte.
Mieux, êtes vous si sûr que cela, que dans les malheurs de la C14 que vous vilipendez, le PNP n'aurait-elle pas aussi sa toute petite part de responsabilité? Quid de cette affaire de non-contribution au financement des activités de la coalition: n'est-ce pas là aussi, une certaine façon d'affaiblir de l'intérieur un projet commun? Et que dire des refus de manifestations aux cotés de ses pairs sous divers prétextes, quand ces derniers essayaient de maintenir encore la pression durant les négociations?

Bien de Togolais sont tout comme vous dubitatifs devant la posture de vos pairs de l'opposition face à ces élections locales. Mais au-delà des arguments avancés par les "participationnistes", il faut être naïfs pour ne pas voir que tout ce monde cède aux pressions tous azimut de la communauté internationale (G5, CEDAEO & cie...) les assurant sur une certaine stratégie de "petites victoires" à rechercher, fin de ne plus laisser le terrain, au seul régime. La société civile avec le FCTD, voire l'archevêque émérite de Lomé, vont d'ailleurs dans le même sens. Ils ne sont donc pas subitement devenus fous, au même moment, tous ces gens là. Oui, cette participation fait débat, mais en aucun cas, cela ne doit pour autant, doonner droit au dédain pour les partis qui n'y adhèrent pas.

De grâce, un peu d'humilité donc ! Tikpi devrait vous rappeler sérieusement à l'ordre, car vous déraillez! A force de lire que des leçons en direction des autres partis, on en vient à se rappeler que vous aussi vous avez un certain parcours, dont certains pourraient dans la même veine , trouver à redire.
Le Tchadjobo Samari de la RTNM (radio télévision de la nouvelle marche), ou de radio Kara, à radio lomé, égrenant son chapelet de '"nouvelles des préfectures", sur l'outil de propagande du hideux régime RPT., ou revêtant le temps d'un week-end de championnat, les habits de reporter sportif sur ces mêmes chaînes., etc. Ce temps de "griotisme" a aussi laissé des séquelles durables dans l'inconscient collectif des togolais. Une œuvre d'abrutissement en soi, à laquelle vous auriez bon gré, mal gré, participé d'une manière ou d'une autre. Tenez, les errements que vous dénoncez aujourd'hui dans l'engagement politique des autres opposants, en sont peut être des réminiscences, non?

 5   111111
Samedi, 1 Juin 2019
  L'auteur de ce chiffon me fait rire quoi
Tout d'abord je voudrais lui poser une petite question : sais-tu ce qu'on appelle "une revolution"?
Dans quel as tu une fois vus un parti politique appeler à une revolution?
dis moi , ton tikpi qui a appelé à une coalition et qui a ensuite fuis et ensuite avancer des arguments à la con quand la coalition a appelé à faire un bilan de la lutte en avançant une politique de "maillage" il n'a pas encore finis le maillage?
pourquoi ton pnp s'est il retiré de la coalition qu'il a appelé a créer?
avait il peur du bilan financier vu que tout l'argent que lui aviez envoyé il n'a pas déboursé un franc pour quoi que ce soit?
pour avait il dit qu'il était satisfait de la feuille de route à 75%?
Pourquoi avait il refusé les marches lors des dialogues?
Pourquoi refusait il de participer aux réunions de la coalition avec les médiateurs au Ghana et en Guinée?
pourquoi vous n'aviez jamais critiqué ou tiré les oreilles de votre molla omar pour ses contres démarches au sein de la coalition?
ne vient pas nous faire chier avec ton chiffon...
vous aviez voulu démontrer que vous seul vous pouvez déloger le régime, alors allez personne ne vous en empêche, la route de la présidence est grandement oouverte aller déloger le fauve dicateur président de la rue vagin aka faure..


 4   James Bond de Bè
Mercredi, 29 Mai 2019
Réponse à 3-GILETS JAUNES
  " en quoi consiste ce truc de stratégie de maillage des villes de Tikpi ?" dixit Gilets Jaunes

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petit ignorant, c' est une stratégie de conquête du pouvoir en 3 étapes qui consiste à
1) Jouer au maquisard en se cachant soi-même sous le prétexte qu' on a peur pour sa vie
2) et comme la vie des autres ne vaut pas la sienne on les envoie affronter le supposé danger dont on a peur
3) Fin de la confrontation des autres avec le supposé danger ( dont on a peur soi-même)
- danger fictif vaincu : on vient se proclamer libérateur, donc héros national
- danger fictif vainqueur : rien à craindre la lutte continue / on est soi-même en sécurité



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