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Portrait-robot des braqueurs : Yark et Massina ont à dire

LaManchette

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Phénomène sans doute inquiétant depuis 2017, le braquage prend une allure vertigineuse dans la capitale togolaise, Lomé, et se répand progressivement dans les autres villes du pays avec mort d’homme. Pis, l’impuissance avérée ou prétendue des autorités sécuritaires du Togo face à l’ampleur du mal, conduit les populations togolaises à se perdre dans des hypothèses qui définissent le portrait-robot des braqueurs. Qui sont ces braqueurs ? D’où viennent-ils et où se procurent-ils les armes ?

Le dernier scénario en date est la nuit du 13 juillet 2019 à Bè-Kpéhénou près de la société Lala, juste derrière le Commissariat du 3e arrondissement de Lomé. Des braqueurs dans le même mode opératoire, c’est-à-dire des individus cagoulés sur une moto, armes de guerre en mains, tirs sur l’engin de leurs victimes, ils emportent le gros butin puis se fondent rapidement dans la nature sans être repérés.

Bien que le phénomène ait pris de l’ampleur, jamais aucun braqueur n’a été cueilli dans le feu de l’action par les forces de sécurité et de défense du Togo et, le mal se mue en épidémie.
Désemparés, les Togolais ne savent plus à quel saint se vouer tant le phénomène de braquage dévient quasi quotidien avec des millions de francs emportés par des gens sans foi ni loi qui se croient en territoire conquis et défient royalement les autorités sécuritaires du Togo.

Aujourd’hui, plusieurs questions méritent d’être posées : Qui sont réellement ces braqueurs impénitents qui fréquemment sèment la désolation au sein des populations togolaises ? Sont-ils de vrais braqueurs, c’est-à-dire des gens armés abonnés du grand banditisme sans autre motivation ou des individus motivés pour saboter le système sécuritaire au Togo et ainsi nuire à la réputation de ceux à qui la sécurisation du pays est confiée. Autant d’interrogations qui conduisent à plusieurs réflexions.

Une complicité passive ?

Ces braqueurs sont des professionnels. Ainsi reconnait le Général Yark Damehame, Ministre de la sécurité et de la protection civile. L’analyse de sa déclaration renvoie à des hommes bien formés et qui maitrisent le maniement professionnel des armes. Le deuxième élément est que ces braqueurs donnent l’impression d’avoir une bonne maitrise du pays et savent où, quand et à quel moment ils doivent opérés pour ne pas être repérés. La preuve en est que jamais ils ont été surpris ou inquiétés dans leur action par les forces de sécurité et de défense dans un pays comme le Togo ultra sécurisé et militarisé avec des patrouilles quotidiennes et à intervalles réguliers des éléments des unités spéciales de gendarmerie et de police, voire l’armée, qui se relayent dans toutes les villes du pays, surtout dans la capitale, lieu de prédilection des pseudo braqueurs. Le troisième élément reste le degré de renseignement de ces braqueurs qui, manifestement, savent qui et qui ont des millions sur eux à tel moment et à telle date.

Tout cela pris dans un ensemble, et d’après certains Togolais, renvoie logiquement à une forme de complicité passive qui ne dit pas son nom au sein de l’appareil sécuritaire du pays. L’analyse de ce Togolais en dit long : « Qui sont-ils vraiment ces braqueurs ? Il y a quelques années, plus précisément le 28 septembre 2014, a eu lieu un braquage à l’aéroport de Lomé. C’est ledit braquage qui a non seulement réveillé la conscience de certains observateurs mais surtout orienté leur attention sur le vrai visage des auteurs, leur mode d’opération et la nature des exécutants de ces forfaits. En effet, l’aéroport de Lomé, un lieu très sensible et hyper sécurisé doté de caméras cachées déjà à quelques centaines de mètres, à en croire certaines sources sécuritaires, a été le théâtre d’une opération de vol bien planifié, pour ne pas dire d’un brigandage qui ne dit pas son nom.

Des commerçants étrangers y ont été braqués et une somme faramineuse atteignant les milliards selon les informations, a été emportée par des individus cagoulés sur une moto. Sur les lieux : outre ces caméras cachées, deux bases militaires, des unités spéciales d’intervention ont leurs bases à côté juste dudit aéroport. N’en parlons pas des agents de renseignements, des services généraux et de l’ANR qui font des va-et-vient. Et pourtant pendant une vingtaine de minutes, des soi-disant braqueurs sans être inquiétés, ont tenu en respect tous les occupants du périmètre de l’aéroport et ont opéré, tirant avec des armes de guerre sans avoir en face une riposte provenant des éléments, au moins de l’une des deux bases militaires qui s’y trouvent… ».

Récemment, dans une seule journée à Lomé, deux braquages ont été signalés en de différents lieux avec le même mode opératoire sans qu’on ne mette la main ou qu’on ne mette hors d’état nuire les auteurs de ces vols organisés.

Cela laisse à réfléchir. Cependant, tous ces faits précités disculpent les citoyens ordinaires togolais de ces vols organisés et déguisés en braquages puisque le professionnalisme des acteurs ou des auteurs est le portrait type de ceux qui ont fait le métier des armes. Car, il est de notoriété publique qu’au Togo, aucun citoyen ordinaire n’a fait le service militaire et aucun civil à notre connaissance n’a une licence de détention d’armes à feu. Donc ceux qui opèrent et disparaissent immédiatement sans laisser de traces, doivent être des hommes bien entrainés à l’image de vrais commando formés pour des missions difficiles. Dans ce cas, il faut interpeller les tenants de l’appareil sécuritaire du pays.

Yark et Massina ont-ils à dire ?

La fréquence des braquages sème une véritable psychose dans tout le pays et en rajoute à l’effroi des Togolais, déjà embarrassés par la situation sociopolitique délétère au Togo. Ainsi, il est impérieux que les Togolais soient rassurés que le phénomène de braquage sera endigué. Mais pour l’heure, ni le Ministre de la sécurité et de protection civile, le Général Yark Damehame ni le Patron de la gendarmerie nationale togolaise, en charge du puissant service de renseignements, le Colonel Alex Yotrofei Massina n’arrivent à sortir le Togo et les Togolais de la douloureuse situation. Or, sur chaque scène de braquage, la police scientifique est dépêchée sur le terrain pour faire l’état des lieux. Donc, à partir de quelques indices dont des douilles des balles utilisées et des prélèvements effectués, l’on peut avoir une idée sur les auteurs de ces braquages.

Maintenant, pourquoi n’arrivent-ils pas à circonscrire le mal ? La saisissante réalité laisse aussi transparaitre des failles dans la coopération sécuritaire entre les unités sur le terrain. Comment comprendre que des scènes répétitives avec le même mode opératoire puissent échapper au puissant service de renseignements togolais au point qu’il ne soit capable d’alerter les unités spéciales déployées sur le terrain ?

Dans ce pays, avant la présidentielle de 2010, les membres du Mouvement Citoyen pour l’Alternance (MCA) de Fulbert Attisso qui se préparent mystiquement pour le changement de régime au Togo, ont été arrêtés et envoyés en prison. Dans ce pays, plusieurs personnes dont des hauts gradés et pas des moindres, ont été arrêtées dans le cadre du « Kpatchagate » ou du complot d’atteinte à la sûreté de l’État. Certains ont été même appréhendés hors du territoire togolais, soupçonnés d’être membre du réseau de ceux qui planifient le coup d’état au Togo. Alors, l’on comprend que ce n’est pas des braqueurs sur une moto qui vont échapper au service de renseignements togolais.

Au demeurant, le Général Yark et le Colonel Massina ont donc à dire dans cette situation, ils doivent impérativement élucider l’opinion nationale sur l’impuissance avérée ou prétendue de leurs différents services à arrêter les braqueurs. La représentation nationale a aussi son rôle à jouer dans cette situation pour que lumière soit faite sur tout. Il y va de l’intérêt de tous.





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