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Togo

Le PNP et la C14 compromettent dangereusement la lutte de libération du peuple togolais : le savent-ils ?

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Par Kenneth Kossi Kouwadan.

Les Togolaises et les Togolaisserendentàl’évidence :cenesontpasceuxquicrientàl’union qui œuvrent effectivement à l’union.

Deux sortes d’incidents, qui ne sont que la résultante des errements et de l’inconséquence de certains acteurs de l’opposition togolaises, ontémaillé la dernière campagne électorale pour les élections locales. L’un est le fait du PNP, l’autre de la C14 à travers Mgr Philippe Kpodzro, Archevêque Emérite de Lomé.

Le vendredi 21 juillet 2019, des individus se réclamant du PNP, prennent à partie, à Sokodé, une délégation de l’ANC conduite par son Président national, se rendant dans la région des Savanes pour y entamer, dans le cadre de la campagne électorale des élections locales, une tournée nationale de soutien aux listes des candidats ANC. La même hostilité est observée le lendemain à Kpalimé, où des activistes du PNP s’en prennent également à des militants de l’ANC en campagne pour les élections locales.

Le jeudi 28 juillet 2019, dans l’homélie prononcée au cours d’une messe d’action de grâces, présentée comme commandée par la C14 pour remettre sa participation aux locales entre les mains de Dieu, Mgr Kpodzro se lance dans une violente diatribe contre l’ANC et son Président, qu’il qualifie de« ​judas ​ »,de«corrompus ​ »,qui ne méritent pas la confiance que le peuple leur témoigne

Ces deux événements, très rapprochés l’un de l’autre, illustrent parfaitement les comportements absurdes qui ont abouti à la situation de démobilisation actuelle. En effet :

Pendant 18 mois, le PNP a semé le désordre au sein de la C14 qu’il a pris en otage. Refusant toute contribution au budget des manifestations, s’opposant à l’exécution des programmes à l’élaboration desquels il a pourtant participé, prenant publiquement le contrepied des positions adoptées par la C14 avec son accord, organisant seuls des manifestations après avoir refusé de participer aux manifestations communes ou après avoir interdit à ses militants de prendrepart aux manifestations de la C14, subordonnant toute manifestation à l’achèvement de ce qu’il a appelé son ​« maillage du territoire » ​ , etc…Toutes choses qui ont finalement conduit à une démotivation des populations et à leur démobilisation.

Ces agissements du PNP étaient notoirement connus et les partis membres de la C14 s’en plaignaient en privé, mais segardaientbien d’en faire état publiquement, au motif de préserver l’unité et la cohésion du groupe. Même la presse, bien qu’informée des errements du PNP depuis les débuts, ne s’en est jamais fait l’écho. Le PNP est protégé par une sorte d’omerta incompréhensible. Ce qui ne faisait que renforcer l’arrogance et les frasques de Tikpi Atchadam.

L’incident de Sokodé, où des individus apostrophent le Président de l’ANC et sa délégation, leur ordonnant de quitter la ville, n’est qu’une énièmeillustrationdel’attitudeinadmissibledu PNP au sein de la C14 et devrait enfin​ouvrir les yeux de nos compatriotes sur la réelle nature du PNP. Cet incident est emblématique des agissements que le PNP a infligés auxpartis de la C14 pendant qu’ils étaient ensemble.

Quant aux propos tenus à l’encontre de l’ANC et de son Président par Mgr Kpodzro,dansson homélie du 26 juin 2017, ils sont d’une incongruité qui n’a pas manqué d’écorner l’image du vieux prélat et de montrer au passage, les limites de ses interventions solitaires et intempestives.


Mgr Kpodzro ne participait pas aux réunions de la C14 et ne pouvaitsavoircequis’ypassait. Mais Mgr Kpodzro a consulté tous les partis de la C14, qu’il s’est mis entêtederéunir,après le retrait de l’ANC de ce qui se transformait irrémédiablement en un nid de vipères. Le vieux prélat ne peut se permettre cette attitude malveillante contre l’ANC et son Président, si des informations inexactes et fallacieuses ne lui ont pas été rapportées par les partis membres du reliquat de la C14, lors des rencontres qu’il a eues avec eux. Ces mêmes partis en présence desquels il a prononcé l’homélie du 26 juin 2019.

Il est donc clair que Mgr Kpodzro a été manipulé pour ne pas dire instrumentalisé par le reliquat de la C14 pour vilipender l’ANC. D’ailleurs, le communiqué rendu public par la coalition C14 le 17 juillet 2019, le confirme aisément. Pour Brigitte Adjamagbo Johnson, signataire de ce document,MgrKpodzro,« ​n’afaitquesacrifieraudevoirdevérité ​ ».Suivant ainsi, Hervé Johnson, sonmari, membre de la haute hiérarchie de la CDPA, qui n’a pas hésitéà écrire sur une plate-forme WhatsApp, au moment où les propos de Mgr Kpodzro suscitaient l’indignation : « ​Si quelqu’un me prouve que ce que dit le prélat est faux, je me tais.»

Rien n’autoriseBrigitteAdjamagboJohnsonàdéclarerquelespropospourlemoinsméchants, odieux, mais surtout inexacts et choquants, de Mgr Kpodzro sont véridiques. Brigitte Adjamagbo confirme donc que l’ANC est un parti de « ​corrompus, de judas ​ », comme
l’affirme Mgr Kpodzro. Donnant ainsi la preuve que c’est elle-même et le reliquat de la C14, qui ont inspiré de tels propos.

Bien que l’attitude brouillonne, fantasque et inacceptable du PNP, nuisait à la mobilisation et fût en totale contradiction avec la cohérence et le sens de l’organisation et de la méthode nécessaires pour combattre le RPT/UNIR, elle était une aubaine pour plusieurs partis de la C14. Ainsi, les mensonges grossiers proférés régulièrement par le PNP pour salir l’ANC et son Président Jean-Pierre Fabre faisaient l’affaire des autres partis de la C14 qui ne rêvent que de réduire la place de l’ANC dans l’opposition

Au lieu de s’opposer fermement, comme l’ANC, aux dérives du PNP qui empêchaient la mobilisation populaire et compromettaient l’aboutissement de la lutte, ces partis préféraient répandre sournoisement au sein des populations, la thèse selon laquelle c’est l’antagonisme ANC/PNP qui empêche la mobilisation et nuit à la lutte contre ladictature.Deplus,cespartis n’hésitaient pas à rendre l’ANC responsable de la situation. C’est ce qu’ils sontallés vendre à Mgr Kpodzro. Voilà pourquoi, le prélat n’a pas craint de déclarer : « ​Le plus insupportable et qui maltraitait tous les autres, c’est le groupe ANC. » ​ . Est-ce l’ANC qui remettait systématiquement en cause les décisions prises à l’unanimité des membres de la C 14 ? Est-ce l’ANC qui s’opposait en permanence, à la mobilisation populaire ? C’est bien le PNP qui empêchait toujours la mobilisation populaire et c’est son attitude qui était insupportable, d’autant plus qu’elle entravait l’aboutissement de la lutte commune.Voilà la vérité Monseigneur !

Il y a beaucoup d’hypocrisie au sein de la C14 dont plusieurs membres n’ont qu’une seule obsession : détruire l’ANC ou la réduire à un niveau égal voire inférieur au leur, en se partageant sa grande implantation qui lui valait d’être, au sein de l’opposition, l’incontestable chef de file de l’opposition. Sinon, pourquoi les membres de la C14 n’ont pas jugé nécessaire de rétablir la vérité dans l’affaire des 30 millions que le PNP attribuait, malhonnêtement et outrageusement, à Jean-Pierre Fabre ? Plus grave, pourquoi la coordinatrice de la C14, n’a t’elle pas révélé à l’opinion ce que Kossi Sama le Secrétaire général du PNP lui a avoué au sujet des 30 millions, à savoir qu’il les a attribués à Jean-Pierre Fabre pour le salir à cause de l’attitude agressive du député OuroAkpo Tchagnaou de l’ANC à l’égard du PNP sur les réseaux sociaux?

Il devient de plus en plus évident pour le citoyen ordinaire, que les appels incessants deMme Brigitte Adjamagbo-Johnson à l’unité de l’opposition ne sont qu’une farce, une comédie à laquelle elle se livre régulièrement pour mettre àl’index,ceuxqui,commel’ANC,netiennent plus à appartenir à une organisation à laquelle certains partis politiques veulent s’accrocher pour exister, au lieu de d’entreprendre sur le terrainledifficiletravaildeconquêtedesespaces électoraux

Au fait. Que serait la situation de l’opposition dans son ensemble si, malgré les conditions de scrutin défavorables à souhait, chacun des 14 partis de l’ex C14 pouvait conquérir au moins cent (100) sièges de conseillers municipaux, à l’image de l’ANC qui, à elle toute seule peut revendiquer plus de 100 sièges ?

Les partis de l’opposition togolaise doivent donc savoir une fois pour toute que leur force réside dans la mise en commun des fruits du labeur de chacun sur le terrain et non dans un attroupement hétéroclite où certains viennent, le doigt dans le nez, qui pour profiter du labeur des autres, qui pour exiger au chantage le partage des acquis politiques des autres, qui pour parasiter financièrement et matériellement les autres. Qu’on se le dise ! Qu’on se le dise !

Les appels de Brigitte Adjamagbo Johnson à l’unité traduisent finalement un manque de respect à l’égard des populations et une insulte à leur intelligence parce qu’il est incohérent pour ne pas dire absurde de commanditer, au demeurant sous le couvert d’un office pour le moins sacré, une séance d’insulte publique de l’ANC avec lequel l’on prétend vouloir travailler, dans le même temps qu’on le traite de « judas » et de « corrompus » qui ne mérite pas la confiance que le peuple lui témoigne. Pourquoi Mme Adjamagbo tient-elle encore à s’encombrer de la présence de l’ANC dans son reliquat de regroupement ? Le bons sens n’aurait-il pas simplement commandé que la ‘​’C14’’ évite soigneusement la compagnie des « judas » et des « corrompus » ?

Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson et ses collègues du reliquat de la C14 n’ignorent pas que l’ANC est un adepte convaincu de l’unité d’action de l’opposition. Mme Brigitte Adjamagbo Johnson devrait également savoir qu’il n’est pas besoin pour être uni, d’être ensemble dans un regroupement. L’union en politique n’est pas nécessairement ​physique. C’est avant tout et surtout un état d’esprit,​caractérisé par la sincérité dans la poursuite d’un même objectif. Ilne faut pas confondre union et fusion. Il ne faut pas confondre unité et uniformité. L’unité d’action qui doit être recherchée, peut et doit se réaliser dans la diversité.

Il n’est pas difficile de constater que dans le même temps qu’elle appelle à l’union, Mme Brigitte AdjamagboJohnsonagit pour diviser l’opposition, démontrant ainsi que ce ne sont pas ceux qui crient à l’union, qui œuvrent effectivement à l’union.

Le communiqué de la C14 en date du 17 juillet 2017, qui se veut un plaidoyer en faveur de Mgr Kpodzro a plutôt visé à montrer que le vieux prélat est un héros de la lutte pour l’alternance et le changement. Il est curieux. Mme Brigitte Adjamagbo et le reliquat de la C14 ont raté une occasion de se taire parce qu’ils montrent une fois encore que c’est bien eux qui sont à la manœuvre dans l’intoxication et dans la manipulation du respectable prélat.

Allons donc ! Personne ne met en doute le fait que Mgr Kpodzro est un défenseur obstiné de l’alternance et du changement au Togo. Personne ne met en doute le courage aveclequelilse consacre à cette cause. Ce qui est choquant, ce sont ses propos malveillants et sans fondements tenus à l’égard de l’ANC, et qui sont inacceptables. Tous les observateurs de bonne foi comprennent que la Conférence des Evêques du Togo a cherché à relever cela sans le dire explicitementdanssoncommuniqué.Iln’appartientpasàla C14 de prétendre défendre le vieux prélat y compris contre ses collègues évêques, manifestement embarrassés.

Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson et le reliquat de la C14 devraient plutôt faire amende honorable en reconnaissant le rôle qu’ils ont joué dans l’instrumentalisation du prélat. Depuis un moment, ils induisent Mgr Kpodzro à flirter avec la ligne rouge. Le 26 juin2017, le prélat a franchi le rubicond. Si l’objectif de Mgr Kpodzro est de rassembler l’opposition, il devrait faire la part des choses et se départir de l’intox dont il est l’objet. Son statut et son âge ainsique la considération et le grand respect que lui vouent les Togolaises et les Togolais, lui imposent à lui aussi, de faire amende honorable.

Il appartient désormais à ceux qui ont monté cette cabale contre Jean-Pierre Fabre et l’ANC, de déconstruire leur stratégie destructrice et démobilisatrice des populations. Car, elle compromet dangereusement la lutte de libération du peuple togolais qui, dans la perspective de 2020, attend des forces démocratiques, une initiative plus saine, visant notamment à remobiliser les populations pour arracher les conditions de transparence des élections, notamment à travers les réformes politiques et électorales prescrites de longue date, aux termes des accords politiques successifs.




L'AUTEUR
Kenneth Kossi Kouwadan.
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