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Crise de l’électricité au Nigeria et fermeture des frontières, ses conséquences sur le Niger: Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

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Une commission d’enquête sur la crise de l’électricité au Nigeria a situé les responsabilités. En effet, la commission a établi que le plus grand défi pour la viabilité des entreprises industrielles au Nigeria reste l’autonomie énergétique.
Il ressort également, entre autres que les grandes difficultés sont dues sur l’insolvabilité de plusieurs clients de la « National Electric Power Authority », NEPA, parmi lesquels, la Communauté Electrique du Benin, CEB, la société Nigérienne d’Electricité, la NIGELEC et la société d’électricité du Togo.

A la date du premier trimestre 2019, le Benin, le Niger et le Togo seraient redevables d’une somme de 12,8 milliards d’euros, selon une dépêche d’Afrique Media. Si ces trois pays ne s’acquitteront pas de leurs dettes, le Nigeria menacerait de suspendre la fourniture d’énergie électrique aux dits pays.

Les raisons qui poussent le Nigeria à être si agressif à l’égard de ses voisins:

Le Nigeria soupçonne d’une part , que les néo-impérialistes ont établi une stratégie pour chercher à l’affaiblir , à étouffer son économie, en subventionnant le commerce du riz asiatique qui inonde les marchés du Nigeria et de certains pays voisins, ce riz asiatique fait concurrence déloyale à celui produit en grande quantité et qualité au Nigeria et d’autre part une mafia serait créée dans la secteur de la distribution du courant électrique au Nigeria , actuellement la société chargée de la distribution et de la commercialisation du courant électrique du Nigeria n’arrive pas à faire face au besoin du pays en électricité cependant elle arrive à alimenter certains pays en courant électrique sans que cette vente du courant électrique ait un effet positif sur les finances publiques du Nigeria.

Le Nigeria a donc bien des raisons économiques de fermer ses frontières avec les pays voisins qui facilitent le transit par fraude du riz asiatique pour étouffer son économie et appauvrir ses paysans. Entre autres, on pourrait évoquer le soupçon aussi de l’aide aux terroristes qui sèment la terreur dans le pays, par certains pays occidentaux.
Dans les années 1965, la France avait essayé de créer une sécession biafraise au Nigeria mais grâce à l’aide du Niger et certains pays amis du Nigeria la sécession a été étouffée, rien ne prouve aujourd’hui au Nigeria que la France ne chercherait à prendre sa revanche à travers une stratégie savamment organisée de sabotage économique avec la complicité de certains pays voisins.

En réalité, le géant économique de l’Afrique est sur la défensive , il cherche à protéger son économie de l’assaut des néo-impérialistes, qui voient mal son soutien à la monnaie Commune Unique Africaine de la CEDEAO, L’Eco, monnaie pilote , et son entrée dans la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, la ZLECAF, où son rôle sera prédominant.

Les conséquences sur la situation économique du Niger :
Au Niger le secteur informel représente près de 60% du PIB. La majorité des opérateurs économiques qui sont dans ce secteur commercent avec les opérateurs économiques du Nigeria. La fermeture des frontières avec le Nigeria a une conséquence très négative sur les activités économiques du Niger. Beaucoup des produits de premières nécessités proviennent du Nigeria.
La suspension de la fourniture de l’énergie électrique au Niger risquerait d’engraver la situation socio-économique déjà médiocre du pays.

Déjà avec les interruptions de la distribution de l’énergie électrique intempestives de la NIGELEC, qui sont monnaie courante, dues au manque de vision et de la mauvaise gestion de la société, par la direction, notre secteur industriel, les autres activités économiques, domestiques et des services publics peinent à prospérer. Par conséquent la fermeture des frontières avec le Nigeria et la menace de la suspension de l’énergie électrique présagent d’un mauvais augure pour l’économie de notre pays.

Des axes de solutions existent pour éviter des inconvénients à notre pays. En effet, notre pays a pris le devant en interdisant la réexportation du riz asiatique à partir de notre territoire.
Le Niger pourrait explorer la possibilité de signer une convention d’importation du riz du Nigeria qui est de bonne qualité en entendant de développer en grande quantité et qualité la production du Riz du Niger qui est actuellement insuffisante pour la consommation nationale.

Concernant les arriérés de paiement des factures d’électricité , redevable par la NIGELEC, il serait souhaitable que la diplomatie nigérienne soit mise en contribution afin de faire comprendre au géant du Nigeria, l’importance des liens de fraternité et d’entre aide qui ont toujours caractérisé nos rapports de bons voisinages. La responsabilité du laxisme qui a créé cet important fardeau de dettes doit être partagée, les arriérés de paiement des factures datent de plusieurs années, cet état de fait serait due à certains arrangements peu orthodoxes que se seraient permis les différents responsables qui se sont succédés à la tête de la société de l’électricité du Nigeria avec nos différents responsables qui se sont également succédés à la tête de la NIGELEC et qui se seraient apprêté à cette mauvaise pratique qui nous rattrape aujourd’hui .
La solution de la réouverture des frontières pourrait être possible dans les meilleurs délais car le Président Issoufou MAHAMADOU est président en exercice de la CEDEAO et entretient des très bonnes relations avec le président du Nigeria, le Général Muhammadu Buhari. Il serait hautement souhaitable que des engagements concrets, soient pris par les autres pays concernés par le transit du riz asiatique vers le Nigeria, comme l’a fait le Niger, en interdisant la réexportation de ce faux riz de transit, ceci pourrait rassurer le Nigeria.

Le général Muhammadu Buhari, depuis qu’il était chef de l’Etat du régime d’exception, a toujours voulu formaliser les relations économiques avec les pays voisins du Nigeria, aujourd’hui qu’il est revenu par les urnes, donc Prédisent de la République, il tient à son rêve de formaliser les relations économiques du Nigeria avec ses voisins. IL serait hautement souhaitable que la commission mixte Niger-Nigeria soit activée afin engager les discutions pour trouver un compris nécessaire acceptable par tous, les menaces sont contreproductives, le Nigeria ne devrait pas perdre de vue qu’il a toujours besoin d’un plus petit que soi. L’histoire nous renseigne bien des choses !

A bon entendeur salut !

L'AUTEUR
NigerDiaspora




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