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Les présidentielles de 2020; comment provoquer l’alternance! La fin de l’interminable nuit de la Sentinelle togolaise?

iciLome

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L’État des lieux!
Les acteurs politiques togolais se croient à un « bal masqué ». Ils perpétuent des pratiques et des réflexes des moins lucides; soit par mépris, par suffisance, par cupidité, par manque d’envergure ou de conviction politique. Certains se pensent rusés, d’autres s’estiment incontournables ou faiseur de roi. Puis, on se retrouve face à l’incompréhensible « moi ou rien et surtout pas lui, autrement l’enfer pour nous tous. ». Ils ignorent qu’avec le temps, leur masque est devenu translucide. Dès lors ils ne sont plus que des « initiés recelés » que le peuple méjuge.

Dans toute œuvre humaine, l’erreur est possible. Mais, elle ne devrait être voulue ou souhaitée. Alors, sa perpétuation ou reproduction à l’infini est simplement inhumaine. Friedrich Hegel le résume si bien en ces termes : « Ce qui élève l’homme par rapport à l’animal, c’est la conscience qu’il a d’être un animal... Du fait qu’il sait qu’il est un animal, il cesse de l’être. » Dans le contexte, à quoi assistons-nous?

Un petit recul dans le temps!
Du 5 octobre 1990 à ce mois de septembre 2019 qu’est-ce qui a changé dans l’approche de l’opposition face à l’implacable dictature RPT/UNIR?

Durant cette période, il y a eu une douzaine d’élections (présidentielles, législatives,…) avec la participation de l’opposition sous diverses formes en terme de regroupements, d’unions ou d’alliances de toutes sortes ( FAR, FOD, COD, COD-2, PFC, FRAC, CST, Coalition Arc-en-ciel, C14); sans pour autant obtenir les résultats escomptés par le peuple. Dans son aspiration profonde de changement et de liberté, le Togo a plutôt récolté plus de morts, de blessés et d’exilés politiques que certains pays ayant connu des guerres des plus atroces. En ce même laps de temps, la danse des dupes à accoucher subséquemment de près de 3 dizaines d’accords signés et jamais respectés par le pouvoir cinquantenaire.

Acteurs, en panne!
L’opposition politique togolaise a caracolé ou caracole de bévues en suicides politiques, sans en prendre conscience apparemment. Nous pouvons citer des dizaines de ces fameux leaders qui se sont envoyés aux suicides par le fait qu’ils ont démontré soit leurs limites dans la lecture du jeu politique, soit par cupidité, soit par pur égoïsme.

Par contre le RPT/UNIR et ses sbires restent apparemment conséquents et implacables dans leurs stéréotypes, leurs excès, leurs manipulations, leurs méthodes répressives ou tout simplement par assassinats gratuits et ce, dans l’impunité totale. Le RPT/UNIR se permet même d’être « créatif, anticipatif et proactif dans l’horreur ». Nul ne peut plus chercher à les définir. Ils sont ce qu’ils sont. On les connait et mieux, ils se connaissent et souvent s’en vantent ouvertement.

Maître des subterfuges!
Sous le nez et la barbe de la communauté nationale et internationale; pour ne pas faire de reformes le RPT-UNIR à user de toutes les subterfuges, y compris une « corruption diarrhéique avec les deniers public du Togo », pour aller aux législatives du 20 décembre 2018 sans l’opposition crédible. Sans vergogne, le calcul était simple : faire le forcing pour ensuite obliger l’opposition à revenir au galop et à reculons et participer aux élections subséquentes, sans les réformes souhaitées évidement; Le cas des locales de juin 2018 en dit long.

De la mauvaise foi au génie maléfique!
La stratégie RPT-UNIR bien murie et implémentée par toutes sortes de courtisans locaux et expatriés est de prendre à leurs pièges les petits politiciens les plus avides aux postes et aux titres ronflants. Les stratèges maléfiques savent que ceux qui sont exclusivement motivés par des postes iront aux élections coûte que coûte. La suite on la connait. Que les ténors du RPT/UNIR ont du génie maléfique.

Qui n’apprend jamais de son inconséquence?
Il m’arrive souvent de me demander si l’opposition togolaise est minimalement conséquente, avisée et orientée? Dans le mythe de Sisyphe, ce dernier démontrait un effort excessif dans ses tâches sans par contre faire preuve d’acharnement sur l’atteinte de résultats. Ainsi, il est passé à l’histoire, non pas pour un manque d’effort, mais pour sa déficience de la recherche de méthodes ou de techniques adéquates.

Et pourtant … le comble!
Et le comble est de voir ces « opposants d’un moment au masque diaphane » ne pas se gêner pour voter publiquement pour des élus de ce pouvoir vomis par le peuple tout en cherchant à y trouver des justifications, même s’ils avaient déjà la majorité requise. Expliquez cela aux enfants et ils auront surement une multitude de questions pour vous. La leçon est qu’ils en feraient ou en font pire s’ils sont convaincus du silence des autres. Ils oublient que « ces silences des tenants » sont tellement hypothéquant, hypnotisant car eux ils ne posent pas de gestes anodins.

Aller au-delà de la simple personne!
Dans l’état actuel des choses, il n’est surtout plus question d’un débat d’individus ou sur les individus, encore moins sur l’assertion « qui a fait plus que qui ». Il s’agit ultimement de recherche de solution pour s’offrir un cadre politique permettant d’atténuer les souffrances du peuple, de lui offrir un avenir où l’égalité de chance serait une aspiration et les sacrifices reconnus. C’est en fait la poursuite du bonheur national et surtout collectif.




Face à la dictature implacable, agir conséquemment!
Qu’il ne soit un secret de polichinelle pour personne que le Togo n’est pas une démocratie, mais plutôt une des pires dictatures contemporaines !!!

Alors on ne peut pas attendre de cette dictature des règles, des normes et des mécanismes démocratiques pour enclencher l’alternance vers la construction de la démocratie sur la terre de nos aïeux. Conséquemment les exemples ou rapprochements tirés de pays ou sociétés « démocratiques ou considérés comme tels » n’y siéent pas, en générale. Nous cherchons la voie vers cet idéal; à construire et à polir au fur et à mesure.

De la nécessité de provoquer l’alternance en 2020 pour une transition!
Il n’est pas question ici de chercher à savoir s’il faudra ou non participer à ses échéances 2020 ou simplement les «snober» par conviction « révolutionnaire »!

Aujourd’hui plus que jamais, ce qui doit être fondamental dans le contexte togolais est d’adopter la méthode la plus opportune pour « provoquer » l’alternance. Toute chose étant égale par ailleurs, quelle dynamique avons-nous et qu’est-ce qui doit être fait pour l’exploiter et en tirer le meilleur?

Et pour cela il faut s’offrir l’occasion, la vision, la prise de conscience, l’engagement et le sacrifice pour le peuple. Ceci ne peut en aucun cas être un travail partisan, exclusif aux partis politiques et à leurs tentacules divers. Nous devons en être collectivement conscient.

Face à du déjà vu… agir conséquemment!
Il est de notoriété qu’au Togo l’opposition ne perd pas dans les urnes les élections face au clan des Gnassingbé, cependant elle n’arrive pas les défendre et confirmer sa victoire. Et Voici à nos yeux, les 2 catégories de facteurs qui favorisent cette incongruité; singulièrement la confiscation héréditaire du pouvoir par le clan et le système des Gnassingbé.


Les facteurs de la catégorie 1
Les fraudes massives, la justice instrumentalisée, les mécanismes de contrôle au solde du RPT/UNIR, la corruption diarrhéique avec les moyens de l’État et « l’armée au pas » comme instrument de répression; qui permettent au pouvoir de s’imposer contre vents et marrées;

Les facteurs de la catégorie 2 :
L’incapacité pour l’opposition de réclamer et défendre sa victoire dû au fait qu’au bout du processus, il n’y a conséquemment pas d’adhésion populaire non partisane ou dénudée d’affiliation politique. Il faudrait alors un candidat qui au finish est porté par une vague populaire et sincère, donc idéalement apolitique et consensuel.

Si l’opposition n’a pas encore de maitrise sur la 1ere catégorie de facteurs, elle peut pleinement l’avoir sur la 2e catégorie. C’est en ce sens que cette fois-ci lorsque la décision serait prise d’aller aux prochaines échéances présidentielles de 2020, elle devrait incorporer un mécanisme de candidature de consensus et un plan national d’observation, de contrôle des élections, de suivi du résultat et de défense de la « victoire du peuple avec l’Homme du peuple ».

Toute cela devrait être encré dans un accord global pour une transition de 5 ans avec à la clé des reformes politiques, institutionnelles et structurelles. Il faut provoquer l’alternance pour poser les jalons d’un début de démocratisation au Togo. La nuance est essentielle. Après cette transition de 5 ans, tout parti peut voler de ses ailes comme bon lui semblerait.

Comment provoquer l’alternance, entre autres!
Rappelons que cet article ne vise pas à prendre position sur la participation ou non aux élections présidentielles de 2020. Non plus de débattre de la nécessité d’une candidature unique ou multiple de l’opposition. Car pour nous, la question ne se pose dans cette logique-là. Le Togo est une dictature cruelle de plus d’un demi-siècle. Ce n’est plus le symptôme qu’il faut cibler, mais le mal l’engendre. C’est ce qui est fondamental dans le drame togolais.

Notons bien que la candidature de l’opposition soit unique ou plurielle, que les élections soient à 1 tour, à 2 tours ou à mille tours, la machine à fraudes permettrait au système RPT/UNIR de conserver le pouvoir.

Par contre la dynamique porteuse de la ou des candidatures fera faire la différence. Il est question de déployer des conditions gagnantes en cas de participation aux présidentielles 2020. Autrement il faut faire tout pour rendre réelle et palpable la victoire au travers d’engagement citoyen assumé. En faisait quoi alors?
Il faut une candidature forte, apolitique de consensus pour une transition actée,
Il faut un contrat de transition de 5 ans avec « en aucun cas un 2e mandat consécutif » pour l’Homme de la transition,
Le ou les candidats de transition aux élections 2020 se doivent d’être des personnalités apolitiques pour susciter rune adhésion nationale sans retenues. Imaginer par exemple le père Pierre Marie Chanel Affognon dans ce rôle comme le candidat de tous,
Convenir dans le contrat de transition des reformes politiques, structurelles et institutionnelles avec un agenda précis,
Aucun membre du gouvernement de transition ne peut être candidat aux élections présidentielles post-transitions de 2025,
Constituer une équipe ad hoc de mobilisation et de gestion des élections de l’alternance,
L’engagement écrit d’un travail de terrain subséquent de chaque parti de l’opposition pour mobiliser sa base du début à la fin du processus.

Selon les réalités sur le terrain et dans un souci de ratisser large au 1er tour en 2020 en termes de couverture ou de maillage adéquate du territoire, il faudrait tout au plus 2 candidats de consensus de l’opposition. Idéalement on se contenterait d’un candidat fort, apolitique et inattendu par le pouvoir. De sorte qu’un vol de la victoire sera l’ultime source d’indignation nationale porteur du germe de la révolution.

Ce coup de poker doublé du travail de couverture du territoire rendra quasi impossible la proclamation d’un improbable victoire de Faure au 1er tour. Indéniablement ce « seul candidat de transition de l’opposition au 1e tour » doit être le consensus pour l’alternance que tout âme censée doit défendre, car c’est un choix collectif assumé sans arrières pensées.

Par conséquent il ne susciterait pas de relent partisan ou non partisan qui découragerait l’un ou l’autre des citoyens ou militants politisés. Elle est notre choix. Nous mourrons ou vivrons avec lui. C’est surtout un message sans équivoque a tout le monde; notamment le peuple, les politiciens, le pouvoir, les observateurs et les partenaires.

La sensibilisation, la mobilisation, le suivi après votes seraient telles que l’alternance sera acquise. Pour cela tout un chacun des leaders de l’opposition doit pour une fois poser cet acte pour le peuple. J’ai conscience que c’est trop demandé pour certains de nos politiciens. Cependant tout le monde en sortira gagnant. Et ils auront par la suite la chance d’aller à la compétition sous de meilleures règles et conditions. Ce n’est que peu de sacrifices face à ceux consentis par le peuple. À moins que les conditions soient réunies pour une révolution.

Autrement nous laisserons encore le champ libre à Faure Gnassingbé et son RPT/UNIR. Avons-nous encore le droit de faire ça au peuple togolais qui a tant subi et vit dans une misère extrême, comparé aux pays limitrophes.

Osons, somme toute, produire des résultats!
Joseph Kato!

L'AUTEUR
Joseph Kato!
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 2   Azouin
Mercredi, 25 Septembre 2019
  Et si on se mobilisait et obtenait juste les conditions de transparence des élections? Vous voyer bien que votre analyse pose un problème. Réclamer sa victoire et l'obtenir ou faire la révolution en espérant que l'indignation en serait le moteur!

 1   MonTogo
Mardi, 24 Septembre 2019
  Merci mon frère pour cette brillante analyse. A travers votre écrit on sent que vous êtes intelligent et que vous êtes plus éclairé que nos leaders politiques.


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