Politique
Togo

Politique togolaise: La présidentielle du 22 février 2020 ou le théâtre des marionnettes

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Le 22 février prochain les Togolais iront aux urnes pour, normalement, élire le président de la République pour les cinq années à venir. Mais en réalité il n'aura d'élection que de nom. Dans les faits, l'élection du 22 février 2020 sera une farce électorale destinée à légitimer le 4ème mandat que le président Faure Gnassingbé, contre tout bon sens et contre l'avis de la majorité des populations, s'apprête à entamer. Le 22 février prochain, le monde entier assistera à une parodie d'élection, car les conditions d'organisation du scrutin sont iniques et donc pas de nature à permettre au peuple souverain en démocratie d'exprimer librement et dans la transparence son choix. Les institutions en charge de l'organisation de l'élection et de la proclamation des résultats (la CENi et ses démembrements, la cour constitutionnelle) sont aux mains du parti au pouvoir. Le fichier électoral est corrompu et truqué en faveur du candidat du système Rpt-Unir.

Pour rappel, à la veille de la présidentielle de 2015, Alberto Olympio, après un travail scientifique sur le fichier électoral, avait conclu que celui-ci contient au moins 600.000 électeurs fictifs. Après cette révélation, Alberto Olympio est recherché par la justice togolaise pour une affaire le concernant. Mais, depuis, la CENI n'a pas apporté la preuve que le fichier a été épuré de ces 600.000 électeurs fictifs. Pire, en 2018, la CENI a recensé en mondovision des mineurs. La CEDEAO a prétendu avoir audité le fichier électoral; mais jusqu'ici le résultat de cet audit est gardé secret. Ceci montre que la cedeao et le régime togolais ont quelque chose à cacher et que le scrutin du 22 février ne sera qu'un théâtre des marionnettes, une véritable farce. Tous les candidats de l'opposition savent très bien que le scrutin va déboucher sans aucune surprise sur le 4ème de Faure Gnassingbé.

D'ailleurs, ces candidats de l'opposition ne montrent pas qu'ils veulent gagner. La revendication pour obtenir des conditions de transparence de l'élection se fait sur le bout des lèvres. Tout porte à croire que les candidats issus de l'opposition se présentent à ce scrutin pour autre chose et non pour réaliser l'alternance. C'est ce qui explique le fait qu'en dépit des nombreux appel à l'Union autour d'un seul candidat, ils ont choisi chacun de se présenter au nom de son parti. Et donc en se comportant de la sorte, l'opposition togolaise a sciemment choisi la défaite au soir du 22 février prochain. Il ne pourra pas en être autrement, parce que, d'une part, les conditions d'organisation ne permettent pas une saine concurrence et d'autre part, parce que l'incapacité de l'opposition à se choisir un candidat unique va certainement démobiliser les partisans du changement. La très faible participation des électeurs aux élections locales due à la multiplicité des listes dans les rangs de l'opposition illustre très bien que les divisions de celle-ci et son incapacité à faire bloc contre le système en place entrainent le découragement chez ses électeurs. Ainsi donc, en multipliant les candidats dans ses rangs tout en sachant qu'elle est déjà défavorisée par les mauvaises conditions d'organisation de l'élection, l'opposition se prive volontairement de toute chance de succès.

Pour justifier leur refus de la candidature unique, certains évoquent le fait que celle-ci est inopportune, étant donné que le scrutin présidentiel est à deux tours. Ils se permettent même sans scrupules de comparer le Togo au Bénin où en 2016, il y avait plus de 30 candidats au premier tour. Faire une telle comparaison, c'est faire preuve de très peu de sérieux, parce qu'au Bénin à l'époque, les institutions en charge de l'organisation de l'ection et de la proclamation des résultats n'étaient pas aux mains du parti au pouvoir. Messieurs les candidats! Ayez l'honnêteté de dire aux populations qu'en 2016, le Bénin avait des institutions démocratiques. Ceci n'est pas le cas pour le Togo qui est un État autoritaire comme le montre très bien le dernier classement des pays africains selon l'indice de démocratie. L'élection se jouera en seul tour. La machine à fraudes du système est mise en branle pour cela. La Ceni et la cour constitutionnelle proclameront Faure Gnassingbé vainqueur. La gymnastique intellectuelle qui a rendu possible sa candidature, à tous points de vue, illégitime est un signe qu'il sera déclaré élu.

Et si certains au sein de l'opposition poursuivaient un autre objectif que l'alternance?

La question mérite d'être posée, parce que s'il devrait avoir véritablement élection et non une farce électorale le 22 février prochain, très peu de candidats de l'opposition, pour ne pas dire un seul ( Jean Pierre Fabre), peuvent prétendre remporter le scrutin ou même faire un bon score. La plupart savent qu'ils feront difficilement un score supérieur à 1%. Et pourtant,, ils s'agitent.

Que cache cette agitation si ce n'est que la participation à cette parodie d'élection est un moyen pour certains de solliciter ici et là des soutiens financiers. Un proverbe camerounais dit que c'est en temps de peste que certains se sentent heureux. Ainsi, pour la campagne électorale, les 7 candidats vont se partager en part égale 300.000.000 F CFA (60% de la subvention de l'Etat). Cela fait par candidat un peu plus de quarante deux millions (42.000.000). Chacun pourra ainsi rembourser le crédit qu'il a contracté pour payer la caution, mener une campagne de souris et garder le reste pour lui et sa famille biologique et dans une moindre mesure politique. C'est le vrai objectif poursuivi par la plupart, sinon tous les candidats de l'opposition.

Parce que je suis un partisan du changement, je souhaite que l'opposition sorte victorieuse de la prochaine présidentielle. Mais il n'y a aucun élément objectif qui me permet de rêver. En tout cas, comme je l'ai écrit plus haut, la multiplicité des candidatures au sein de l'opposition illustre bien qu'elle a choisi de perdre. Mais, elle légitimera par sa participation à une farce électorale le 4ème mandat de Faure.

La seule façon pour l'opposition de ne pas légitimer le mandat du président Faure , c'est de le laisser aller seul à cette élection. C'est une question de bon sens, parce que tout est mis en œuvre pour proclamer Faure Gnassingbé gagnant et donner une apparence démocratique à son 4ème mandat.



BINAFAME Lohan Kidékiyime-

L'AUTEUR
BINAFAME Lohan Kidékiyime
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