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Togo - La dernière sortie publique du « Bélier noir de Kouvé »

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C’est toute la classe politique de l’opposition togolaise qui pleure, depuis samedi dernier, la disparition du Me Yawovi Apollinaire Madji Agboyibo, 77 ans, président « fondateur » du Comité d'action pour le renouveau (CAR). L’homme est un « véritable animal politique » et son départ laissera un trou béant dans le landerneau. Dans cet article, iciLome vous propose ses dernières déclarations avant la tenue de « la farce électorale » du 22 février 2020.

La dernière sortie publique de l’ancien Premier ministre remonte au samedi 04 janvier 2020 à Lomé. C’était au cours d’un Conseil national qui a réuni tous les organes de son parti. Tous les lieutenants de l’écurie ont répondu présent à cette rencontre placée sous le thème : « Le salut du Togo par le courage de la vérité ».

L’objectif de ce conseil national était, à n'en point douter, de décider de la nouvelle « méthode » à adopter face à la politique jusqu’au-boutiste du régime cinquantenaire de Faure Gnassingbé qui refuse d’opérer les vraies réformes fondamentales à même de mettre le pays sur la voie de la démocratie et de l’Etat de droit.

Bien évidemment, à l’issue de la rencontre, Me Yawovi Agboyibo et toute sa formation politique ont désavoué le projet d'un 4em mandat de Faure Gnassingbé. Ils ont même accusé le Prince de Lomé II d’avoir orchestré le charcutage de la loi fondamentale, dans la nuit du 8 mai 2019, en complicité avec les « élus du peuple » à l'Assemblée nationale. Ils estimaient que ce tripatouillage de la constitution de 1992 que d’aucuns appellent « réformes constitutionnelles et institutionnelles », est une façon pour le régime RPT-UNIR de faire « une mainmise absolue sur toutes les institutions en charge du processus électoral ».

Pendant que d’autres collègues de l’opposition se cassent la tête à la recherche d’un crédit pour financer leur campagne, Me Yawovi Agboyibo, lui, annonçait plutôt un « grand péril » pour le pays. L’homme politique avait apparemment une longueur d’avance sur ses « amis de l’opposition » qui se précipitaient pour accompagner l’éternel « vainqueur » des élections présidentielles au Togo.

« Les belles promesses des gouvernants pour un devenir meilleur de notre pays nous ont endormis au point de rendre complice et passif notre attentisme. Ainsi avant que notre sommeil ne devienne un suicide, il est temps de nous réveiller et d'opérer le choix entre accompagner le régime dans ses dérives ou lui résister », avait exhorté le « Bélier noir de Kouvé ».

Dans la foulée, le « Jeune caïman » (devenu vieux) a dénoncé le processus unilatéral conduit par la fameuse Commission Électorale Nationale dite Indépendante (CENI) qui est « entièrement acquise au régime et donc ouverte à toutes sortes de fraudes et d'irrégularités ». Il a également eu la présence d’esprit de retirer sa formation politique de l’organisation de la présidentielle 2020. Il a même prévu l’issue du scrutin qu’on connait aujourd’hui (sic).

« De l’élection en élection, on a toujours dit qu’on va tenter voir. Mais aujourd’hui, les faits sont là, cette stratégie-là n’est susceptible de prospérer, de sauver notre pays. Il faut marquer un arrêt et changer les choses. On ne peut pas décider de ne pas accompagner ce scrutin présidentiel et abandonner entre les mains du pouvoir nos représentants dans la CENI et dans ses démembrements, ce serait une anomalie. C’est une question de cohérence. Nous ne pouvons pas recommander à nos militants de continuer à représenter le parti, disons mêmes à être présents dans la CENI et ses démembrements, nous sommes un parti responsable, si demain la situation évolue, nous devons pouvoir réajuster notre tir en conséquence », a déclaré Me Yawovi Agboyibo à la Rédaction d'iciLome le samedi 4 janvier 2020.

L’avocat à l’origine de l’Accord Politique Global (APG) entre les acteurs politiques togolais le 20 août 2006, a toujours basé sa « méthode » sur le « principe du consensus », le dialogue et le déverrouillage des institutions de la République au profit des « déshérités ». Sa disparation attriste plus d’un. Mêmes certains barons du régime cinquantenaire lui rendent publiquement hommage.

Pour rappel, c’est le samedi 30 mai dernier à Paris que le natif de Kouvé surnommé le « bélier noir » est décédé des suites d’une courte maladie.

Paix à son âme !

Godfrey Akpa-










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